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Un ostéopathe doit-il « faire craquer » ?

Le 18 décembre 2013

Halte aux idées reçues ! Le craquement n’est qu’un aspect de l’ostéopathie : on peut s’en passer comme on peut recourir à des techniques qui le provoquent. Mais ça n’est pas le plus important.

 

Pourquoi l’ostéopathe fait « craquer » les articulations

 

C’est le cliché par excellence de l’ostéopathie : une manipulation précise et directe qui soulage les articulations en les faisant « craquer ». Au-delà du poncif, simpliste et réducteur, le craquement correspond bien à une réalité physiologique et peut s’ensuivre de certaines manipulations : un ostéopathe a parfois besoin de restaurer une certaine liberté de mouvement entre deux articulations, à l’aide de manipulations rapides et de petite amplitude. Celles-ci permettent éventuellement de « déverrouiller » une tension pour retrouver le mouvement anatomique normal du corps. Elles s’effectuent dans les directions où un membre se bloque et peuvent générer un crac qui, contrairement à une idée reçue, n’a rien à voir avec un chevauchement d’articulations. L’hypothèse la plus couramment admise est la théorie de la cavitation : c’est l’idée qu’une bulle de gaz, naturellement logée dans le liquide synovial, sur la face interne de la capsule articulaire, éclate lorsque les articulations sont soumises à des contraintes extérieures — par exemple une manipulation ostéopathique.

 

Conséquences du craquement pour le corps

 

Le craquement ostéopathique n’a donc rien à voir avec le bruit entendu lorsque les articulations sont traumatisées, en cas de dislocation ou de rupture par exemple. Il a la même origine qu’un craquement de doigts auto administré, à ceci près qu’il est provoqué en connaissance de cause. Les études sur ses conséquences divergent. La seule chose qui semble établie, c’est que le comportement articulatoire est modifié durant une vingtaine de minutes. Pour le reste, certains chercheurs affirment que le craquement entraîne une hyper mobilité, d’autres considèrent que cela aurait au contraire tendance à « fixer » davantage l’articulation… Mais en fait, il n’est pas du tout sûr qu’il y ait un lien de cause à effet entre l’efficacité du traitement et le craquement : en effet, le bruit semble indépendant du succès de la manipulation. Ce qui compte, en définitive, c’est de retrouver une certaine liberté articulatoire — peu importe si ça fait « crac » ou non.

 

« Faire craquer » : une technique parmi d’autres.

 

Il n’y a pas de « recette miracle » en ostéopathie, pas de règle générale qui imposerait de « faire craquer » un patient pour le soulager. Tout l’art du thérapeute consiste à choisir la correction la mieux adaptée à un trouble et à un patient. Certaines approches privilégient des mobilisations lentes et de grande amplitude, quasi imperceptibles ; le patient peut éventuellement coopérer en effectuant des contractions et des relâchements musculaires, ou en respirant de façon synchrone par exemple. Cette façon de faire est d’ailleurs qualifiée de « douce » par opposition à une méthode « dure » qui ferait craquer. Mais là encore, c’est une fausse opposition. Certaines dysfonctions nécessitent une manipulation directe pouvant générer un crac, d’autres non. En tout état de cause, l’ostéopathe dispose d’un panel de techniques et choisit celle qui convient le mieux.

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